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Jean-Marc Nowak au secours de Népalais

Après le terrible séisme survenu dans le canton de Rigaon, Jean-Marc Nowak, célèbre alpiniste qui travaille à la Mairie de Monaco, a pris à nouveau la direction du Népal, le 9 juin dernier.

Accompagné de Patrice Gambini (Croix Rouge Monégasque), de Denis Lethuiller, médecin et Alain Dolques (A.C.F.N. Avignon), Jean-Marc Nowak se fixe un nouveau défi : venir en aide à une population de 8000 personnes, dont 2800 enfants, en acheminant des tôles afin de mettre cette population à l’abri de la mousson toute proche. C’est précisément l’objection de l’association « Namaste », présidée par Nancy Dotta, qui s’est également rendue au Népal le 25 avril dernier.

Jean-Marc Nowak au Népal

Arrivés à Kahare, l’équipe de Jean-Marc Nowak se dirige vers Rigaon par une piste bien endommagée par le séisme, qui les mène à Gyangsang, des deux tremblements de terre majeurs du 25 avril dernier. Le but de ce voyage est aussi de faire un état des lieux global, d’observer les dégâts au sol occasionnés par les secousses sismiques, et d’évaluer les besoins de cette population, en un temps minimum de 15 jours avant l’arrivée des fortes pluies. « Nous nous sommes assurés aussi du bon emplacement des camps de réfugiés qui se situent en des altitudes comprises entre 2100 et 2300 m. Ils sont sécurisés, à l’abri de glissements de terrain, et alimentés en eau. 2 jours seulement après notre arrivée nous avons subi la première mousson, mais nous avons quand même pu visiter tous les villages du canton. Notre travail n’a pas été facilité par les très fortes pluies qui s’abattent sur la région où la terre tremble toujours à raison de deux secousses journalières, d’une intensité située entre 4 et 5 sur l’échelle de Richter », explique Jean-Marc Nowak, bien déterminé à affronter les éléments afin d’ offrir un toit à 1250 foyers de la région de Rigaon.

Après avoir franchi le pont himalayen qui leur a permis de traverser facilement l’Ankhu Kola , l’équipe de Jean-Marc Nowak monte en direction du village de Kutal, avec une température qui oscille entre 36° et 38. Ils accompagnent cette colonne de porteurs, dont le courage force l’admiration. Devant eux, une maman qui porte sa charge de tôles et qui s’arrête régulièrement pour allaiter son bébé que lui tend alors l’un de ses enfants. A l’approche de Kutal, ils aperçoient les premières maisons détruites et on s’arrête pour parler aux familles sinistrées. Ces Népalais ont tout perdu, maison, bétail écrasé par les abris et parfois des membres de leur famille. « Nous constatons dans quelles conditions précaires vit cette population et nous recueillons de nombreux témoignages toujours très poignants », raconte Jean-Marc Nowak, qui a récolté près d’un million euros à travers de 3 associations pour secourir les Népalais.

séisme Népal

« Ils souhaitant reconstruire leurs maisons sur leur terrain où ils ont leurs pierres, leur vie, leur famille, leurs souvenirs, leur culture.                                                                                                                              Nous parcourons ainsi tous les villages du canton qui ont été entièrement rasés. Il y a beaucoup de tristesse devant ce constat, on a l’impression qu’ils ont subi un bombardement. Parmi les 27 villages, seuls trois d’entre eux n’ont pu être visités, dont Kitchet et Laprag qui sont devenus inaccessibles et dangereux. Le village de Tarang a disparu de la carte : il a glissé au pied de la montagne. Une grosse partie du village de Choke a glissé vers la rivière et on dénombre 18 morts. Les enfants poursuivent leur scolarité sous les tentes mess fournies par Namaste, qui est la demande prioritaire des villageois, soit une tente par classe. Les jours suivants, la mousson et les secousses sismiques entraineront de fréquents glissements de terrain et des chutes de rochers », précise Jean-Marc Nowak.

Jean-Marc Nowak au Népal

Cet accès qui qui mène à Richet va disparaitre

Les cultures n’ont subi aucun dommage. Le maïs est très beau cette année ; il a été récolté en juillet, où les villageoises semaient également le millet et le riz (Kutal).

Campus Népal

« En cette période de mousson, nous croisons des milliers de sangsues qui s’agrippent à nos pieds. Les villageois vivent sous des bâches ou des tentes, et ont installé à proximité, des armatures en bois. Il ne leur reste plus qu’à mettre la toiture avec les tôles qu’ils sont en train de porter. » racontre Jean-Marc.                                                                                                                                    Les camps sont alimentés par une source à proximité, et ont déjà stockés leur bois pour la cuisine. Tous sont assis autour du foyer, alimenté en permanence par les branches, le seul « luxe » qui leur permet de vivre, boire et manger. On lit la fatigue pour ces familles restées beaucoup trop longtemps sous la pluie sans abri, et sans possibilité de se changer. La plupart sont malades. Ayant tout perdu, ils ont encore sur eux, le même tee-shirt ou habit depuis plus de deux mois.

Les camps sont bien organisés et tout le monde est actif. Des hommes et des femmes font des aller-retour dans la forêt pour ramener du bois pour leur cuisine, et en reviennent souvent les pieds ensanglantés à cause des sangsues, d’autant qu’ils marchent pies nus.

Constat géologique : le sol est régulièrement lacéré par de nombreuses fissures avec d’énormes rochers, décollés de la montagne. Des failles ont découpé des crêtes en deux sur toute leur longueur. Les rochers qui tombent régulièrement traumatisent les tous petits, en pleurs après chaque effondrement.

La High School inaugurée la veille du séisme a très bien tenu le choc et des travaux sont à effectuer par la remise en état, de même pour l’école de Salleri. Seule l’école de Dusheni est détruite, ainsi que toutes les écoles des autres villages du canton.

Ecole de Dusheni : Messages de soutien des enfants Monégasques    

Jean Marc Nowak au NépalA Dusheni, l’expédition monégasque rencontre les écoliers, à qui Jean-Marc Nowak et son équipe ont transmis des messages de soutien, d’encouragement et de solidarité de la part des enfants du Cours de Saint Maur. « Nous sommes allés à la rencontre des enfants sous chaque tente. Je leur ai remis les messages qui m’ont été fournis par les enfants de Monaco, ainsi qu’une photo de chaque élève du Rocher« , explique Jean-Marc.

Inaugurée 24 heures avant le séisme, c’était une école primaire, financée par MAP (Monaco Aide et Présence), la direction de la Coopération Internationale et Namaste. Le résultat de 5 ans d’efforts et d’investissements après le séîsme : « Aujourd’hui, le bâtiment n’est pas en ruine, mais il est très fissuré », affirme Nancy Dotta, présidente de Namaste.

« Après le seisme, les Népalais avait peur que les enfants perdent une année de scolarité. On a acheté des tentes qui vont servir de classes. Le pays a instauré par décret la reprise de l’école le 15 août, dans la région de Rigaon. A Katmandou, les enfants ont déjà repris, et sont également sous les tentes ».

Maintenant, il faut tout reconstruire. Mais la détermination des associations venues au secours et l’élan de solidarité, engendré Jean-Marc Nowak, semble être encore plus forte aujourd’hui. Bravo à lui et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont participé à cette mobilisation humanitaire.

Par Antoinette Champclos

 

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