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Soirée – débat sur l’art contemporain russe à la Galerie Marlborough

Grisha Bruskin à la Galerie Marlborough Monaco                                           

Un plasticien russe, au sommet de son art

Soirée débat à la Galerie MarlboroughDans le cadre de l’année de la Russie à Monaco, la galerie Marlborough organisa un événement très exceptionnel ce 29 janvier. Y furent conviés, l’artiste Grisha Bruskin, lauréat 2012 du prestigieux prix Kandinsky pour les arts visuels en Russie, et aussi le grand spécialiste de ces derniers pour la période de l’après-guerre : Simon Hewitt, célèbre critique d’art, et Rédacteur en Chef international du site RussianArtAndCulture.com

Grisha Bruskin & Simon Hewitt

Grisha Bruskin & Simon Hewitt

Au cœur de l’exposition, entamée le 18 décembre dernier, se déroula un dîner débat tout à fait remarquable, consacré à l’artiste, à ses œuvres, mais également aux implications historiques et personnelles de sa production artistique. Véronique De Lavenne, Directrice de la Galerie monégasque, avait convié une vingtaine d’amateurs éclairés, pour ces moments de partages et d’échanges, très exceptionnels, au milieu des oeuvres de Grisha Bruskin.

Amateurs éclairés

Parmi les convives, on remarqua notamment la présence de M. et Mme Semenikhin, Consuls Généraux Honoraires de la Fédération de Russie et de Kazakhstan à Monaco, tout comme, entre autres invités de renoms, Mme Paquita Escofet Miro, la plus grande collectionneuse d’Art Russe contemporain de France.


Tous les amateurs présents, furent particulièrement friands des commentaires de l’artiste, présent à leur table. Quant au brillant exposé de Simon Hewitt, il permit pour sa part d’’apprécier à sa juste valeur, la pleine dimension historique de cette extraordinaire soirée.

Galerie Marlborough - Grisha Bruskin

Exposition bicéphale

Elle se compose de 2 principaux axes : Le premier, H-Hour examine le mythe de l’ennemi, sans traduire de lieu spécifique, historique ou géographique… D’une manière globale, les thèmes abordés sont : l’Etat hostile, l’ennemi de classe, ou celui de l’inconscient, et donc l’adversité, l’autre, le temps, ou la mort. Ce travail suggère comment le trivial est devenu sacré, et par quels biais la force de la puissance hypnotique de l’art et de l’image, peut être instrumentalisée. Le thème de la manipulation, tout comme de la déstructuration de la conscience humaine, y sont aisément identifiables. La banalisation de l’ennemi, pose aussi la problématique de son identification. La résonnance d’une lutte contre le terrorisme s’inscrit alors autant dans l’Histoire que dans l’actualité…

Grisha Bruskin H hour

Un passé revisité ?

La seconde partie de l’exposition est consacrée à Archaeologist’s Collection : Un groupe de sculptures en bronze peintes en blanc, de 2001-2003, et de dimensions variables, est présenté comme des découvertes archéologiques, accompagnées d’une série de photos. De l’autre côté, 8 grandes sculptures en bronze, de 2008-2009, de taille humaine… Ces personnages incarnent les nombreuses sculptures que l’on trouvait partout en Russie sous le régime communiste, campé entre idolâtrie manifeste et une idéologie aliénante. Grisha Bruskin a enterré ces statues pendant plusieurs mois en Italie afin qu’elles prennent la patine des sculptures d’une civilisation perdue, qui viennent d’être découvertes. Tout un symbole pour ces vestiges symboliques de l’Union Soviétique, dissoute, mais dont les mythes résistent à l’oxydation.

A propos de l’artiste

Grisha Bruskin

Grisha Bruskin est né en 1945 à Moscou. Diplômé de l’Institut d’Art de Moscou en 1968, il devient ensuite membre de l’Union des artistes soviétiques. Ses 3 premières expositions en URSS sont fermées prématurément par les autorités soviétiques. En 1988, le tableau Fundamental Lexicon atteint un prix record aux enchères de Sotheby’s à Moscou. Il s’installe à New York en 1988, y fait la connaissance de la Gallerie Marlborough. Ses premières sculptures datent du début de la Perestroïka en URSS. En 1999 il représente la Russie avec l’œuvre Leben Über Alles (La vie au-dessus de tout) une installation permanente pour le Reichstag rénové à Berlin.

Sa production à travers le monde

Ses œuvres font partie de nombreuses collections publiques, dont : The Art Institute of Chicago, Illinois ; Galeria de Arte Nacional, Caracas, Venezuela ; Israel Museum, Jérusalem ; Jewish Museum, New York ; Kunsthalle Emden, Allemagne ; Museum Ludwig, Cologne, Allemagne ; The Museum of Modern Art, New York ; Portland Museum of Art, Maine ; State Pushkin Museum of Fine Arts, Moscou ; State Russian Museum, Saint-Petersburg ; State Tretyakov Gallery, Moscou, Russie.

Par Christian Dewaet & Antoinette Champclos

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