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WRC : 83e Rallye Monte-Carlo

30 ans après la victoire d’Ari à Monaco,

Max Vatanen à la découverte d’une légende !

Max Vatanen, son coéquipier Jean-Julien Renucci, et leur Fiesta N°97 engagée par le team Automéca-Florajet, prêts à bondir dès ce soir à la lueur des phares, à l'assaut du 83e Rallye monte-Carlo. Photo : Charles-Bernard Adreani

Max Vatanen, son coéquipier Jean-Julien Renucci, et leur Fiesta N°97 engagée par le team Automéca-Florajet, prêts à bondir dès ce soir à la lueur des phares, à l’assaut du 83e Rallye monte-Carlo. Photo : Charles-Bernard Adreani

Ce soir, l’ACM (Automobile Club de Monaco) lâche, à la lueur des phares, les fauves du 83e Ralle Monte Carlo en direction de Gap. Dont l’affrontement se poursuivra jusqu’à dimanche. Parmi eux un jeune loup, Max Vatanen, 24 ans, dont le père, Ari, remporta voici trois décennies le 53e Monte-Carlo au volant d’une Peugeot 205 T16.

Il y a exactement 30 ans, Ari Vatanen remportait le 53e Rallye Monte-Carlo, associé à Terry Harryman à bord d’une Peugeot 205 T16. Et ce malgré une pénalité de 8 minutes pour une banale erreur de pointage…

Mais ce « Finlandais volant », champion du monde des pilotes 1981 sur une Ford Escort RS1800, qui fit successivement briller les couleurs d’Opel, Peugeot, BMW, Mitsubishi, Subaru et donc de Ford en rallyes, en signant 65 victoires sur les plus improbables routes de la planète, n’est pas le genre d’homme à baisser les bras. Aussi agressif et efficace au volant que gentleman dans la vie, Ari a par ailleurs signé quatre victoires au Paris-Dakar et une dans la course de côte américaine de Pikes Peak. Etonnez vous, après celà, qu’aujourd’hui encore chacune des apparition du « Grand Ari » provoque des vagues de passion et d’émotions.

Ce soir l’un des ses fils, Max, va s’élancer à l’assaut d’un géant nommé Rallye Monte-Carlo, 83e du nom, pour tenter d’en découvrir les secrets de la légende !

La Ford Fiesta R2 de la paire Vatanen Jr.-Renucci sous les sunlights du team Automéca-Florajet. Le calme avant la tempête du Monte-Carlo. Photo : Charles-Bernard Adreani

La Ford Fiesta R2 de la paire Vatanen Jr.-Renucci sous les sunlights du team Automéca-Florajet. Le calme avant la tempête du Monte-Carlo. Photo : Charles-Bernard Adreani

« Une vieille Ford Fiesta R2 »

Trois décennies plus tard, Vatanen est au départ du 83e rallye Monte-Carlo. Pas Ari mais l’un des ses fils, Max, 24 ans, dont les études à la SKEMA usiness School de Sophia Antipolis, dans l’arrière-pays Niçois, se sont soldées par un Bachelor en administration de l’entreprise et management des affaires, « avec mention très bien » précise le Finlandais, dont les parents ont fait de la France et des Alpes de Haute-Provence leur deuxième patrie.

Max entame seulement sa troisième saison et s’adonne avec bonheur aux joies du pilotage. Un peu en France – on le vit même au rallye Terre de Vaucluse à l’automne 2012 – et pas mal sur les terres de ses ancêtres Suomi, Vatanen Junior fait ses gammes entre trajectoires tendues et glissades qui n’en finissent plus. Bon sang ne saurait mentir.

« J’ai disputé ma première véritable saison l’an passé, note Max, en disputant les cinq courses du Fiesta Dmack Trophy. Et c’est toujours avec la Ford Fiesta R2 achetée en 2013 – une « vieille » ex-M-Sport – que je vais courir mon premier Monte-Carlo. »

Une auto deux-roues motrices qui accuse 1030kg sur la balance, son moteur de 170 chevaux est accouplé à une boîte de vitesse séquentielle à cinq rapports.

A l'automne 2012, au rallye Terre de Vaucluse, leçon de chose mécanique par l'ex-champion du monde des rallyes Ari Vatanen - vainqueur du Monte-Carlo 1985 sur une Peugeot 205 T16 - autour d'une Citroën Visa 1000 Pistes. Sous l'oeil intéressé des anciens et des modernes, dont Max l'un de ses dignes héritiers Photo : Charles-Bernard Adreani

A l’automne 2012, au rallye Terre de Vaucluse, leçon de chose mécanique par l’ex-champion du monde des rallyes Ari Vatanen – vainqueur du Monte-Carlo 1985 sur une Peugeot 205 T16 – autour d’une Citroën Visa 1000 Pistes. Sous l’oeil intéressé des anciens et des modernes, dont Max l’un de ses dignes héritiers
Photo : Charles-Bernard Adreani

« L’expérience technique et humaine de l’équipe Automéca-Florajet »

Pour son baptême au Monte-Carlo, Max Vatanen a intégré l’équipe Automéca-Florajet http://www.automeca.fr/ de l’Aptésien Manu Guigou et de l’Aixois Jean-Michel Astier. Une structure spécialisée dans la préparation et la gestion de voitures de sport basée à Peynier, qui aligne cinq voitures dans ce coup d’envoi du Mondial 2015.

« Le Monte-Carlo, lance Max en guise de préambule, se différencie tellement de tous les autres rallyes que c’est une expérience à vivre. Elle est d’autant plus importante que ne me contenterai pas de le faire une seule fois. Pour ma première, j’espère avant tout prendre du plaisir et être à l’arrivée. Surtout que nous sommes seulement deux Finlandais au départ, Jari-Matti Latvala sur une Volkswagen Polo R-WRC et moi. »

Hier à Gap, Max Vatanen à la tardive pause déjeuner chez Automéca-Florajet. Entre lasagnes et... Eau des Alpes, d'indéniables sources d'inspiration avant la séance d'essais du shakedown de ce 83e Rallye Monte-Carlo. Photo : Charles-Bernard Adreani

Hier à Gap, Max Vatanen à la tardive pause déjeuner chez Automéca-Florajet. Entre lasagnes et… Eau des Alpes, d’indéniables sources d’inspiration avant la séance d’essais du shakedown de ce 83e Rallye Monte-Carlo.
Photo : Charles-Bernard Adreani

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre Automéca-Florajet ?

« Ne le répétez pas, s’amuse-t-il, mais c’est une structure professionnelle dont le rapport qualité des prestations/prix est très bon. Manu Guigou est un grand rallyman français et au delà du travail de préparation technique d’Automéca sur l’auto il me fait bénéficier de son expérience humaine. »

 

«Difficile à gérer au niveaudu choix des pneumatiques… »

Max, vous allez découvrir le Monte-Carlo dont l’une des particularités est d’alterner les surfaces donc de savoir jouer avec les choix de pneumatiques. Cela vous inquiète-t-il ?

« Je ne suis pas inquiet mais je connais mes capacités. Ayant commencé à courir en Finlande j’ai évidemment plus d’aisance sur la terre, que sur la neige et ensuite sur l’asphalte. Mais s’il y a de la bonne neige ce sera sympa, car un vrai Monte-Carlo se doit d’être enneigé ! »

Seize équipages sont engagés dans votre catégorie (R2), le podium va donc être très disputé ?

« La R2 est une très bonne catégorie car les autos sont de véritables voitures de compétition. Et il serait osé pour moi de vouloir en faire trop. Je vais donc faire ma course le plus proprement possible, d’autant que pour la première fois mon coéquipier m’indiquera les notes en français alors que jusqu’à présent elles m’étaient annoncées en finnois. »

Dès hier, Max Vatanen était fin prêt à faire valser sa Ford Fiesta R2 sur les routes du Rallye Monte-Carlo. Photo : Charles-Bernard Adreani

Dès hier, Max Vatanen était fin prêt à faire valser sa Ford Fiesta R2 sur les routes du Rallye Monte-Carlo.
Photo : Charles-Bernard Adreani

 

Redoutez-vous quelque chose en particulier ?

« Principalement de refaire la même erreur que celle que j’avais commise au Portugal où j’avais effectué une mauvaise prise de notes, ce qui m’avait valu une sortie de route sans appel !

« Je sais que je vais découvrir au Monte-Carlo des choses que je ne connaissais pas, et surtout des conditions météo aussi différentes que très difficiles à gérer au niveau des pneumatiques.

Il est courant de partir sur le sec, d’arriver sur un col dont la route est recouverte de neige et de glace, de se faire surprendre sur un versant nord et de s’offrir de petites frayeurs… C’est pourquoi je vais tout faire pour sécuriser mes choix de pneus, tout en préservant les performances. »

L’expérimenté Ajaccien Jacques-Julien Renucci pour copilote

Le coéquipier de Max Vatanen est désormais le très expérimenté Ajaccien Jacques-Julien Renucci, 42 ans dont une vingtaine d’années passées dans le baquet de copilote dans près d’une centaine de compétitions nationales et internationales. En particulier aux côtés de Sarrazin, Tirabassi et Serpaggi.

« Je connais Max depuis une dizaine d’années, commente le rallyman de Cozzano, lorsque son père le menait voir les rallyes, et je trouve que notre association est sympathique».

Mais quelles pensées peuvent donc bien se nicher dans la tête d'un pilote à la veille du départ d'un premier Rallye Monte-Carlo ? En apparence, Max Vatanen est calme... Photo : Charles-Bernard Adreani

Mais quelles pensées peuvent donc bien se nicher dans la tête d’un pilote à la veille du départ d’un premier Rallye Monte-Carlo ? En apparence, Max Vatanen est calme…
Photo : Charles-Bernard Adreani

Mais au fait, que pense Ari Vatanen du grand pas que va franchir dès ce soir son digne héritier ? « Je ne crois pas que ma participation au Monte-Carlo ait provoqué chez lui plus d’émotions que cela, conclut Max. Certes, il va venir me voir, mais je me souviens qu’il l’avait été très touché lorsque je lui avais dit que j’avais envie de me mettre au pilotage. »

Cinq autos pour le plus « gros » team privé du 83e Monte-Carlo

Au Monte-Carlo, Max Vatanen a quatre jours pour s’en donner à cœur joie et poursuivre l’apprentissage du métier, au sein de l’équipe Automéca-Florajet où oeuvrent au total une quarantaine de personnes pour les cinq voitures alignées, ce qui en fait le team privé le plus «gros » de ce 83e rallye Monte-Carlo.

Outre Max et Jean-Julien qui arborent le N°97, la « Bande à Manu » compte aussi sur Franck Sias et Jean-François Gastinel (Renault Clio R3 T, N°80), Lorenzo Fabiani et Cédric Amoros (Renault Twingo R2, N°109), Jean-Luc Taormina et Claude Séry (Peugeot 208 R2, N°99), Laurent Joly et Pauline Melchiorri (Citroën C2 R2 Max, N°106). Tous ont les crocs acérés !

Et ce qui est sûr c’est que Vatanen Junior intéresse pas mal de monde, puisque le Groupe Maurin, Castrol, SIMC matériaux et le manufacturier chinois en pneumatiques DMack lui apportent leur soutien. Mais la route vers les succès est longue. Pourvu qu’elle soit belle !

 

Charles-Bernard ADREANI

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